No Home

Titre : No Home

Auteur : Yaa Gyasi

Maison d’édition : Calmann Levy

Note : 10/10

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Résumé :

Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

Critique :

J’ai reçu ce livre il y a un moment déjà. J’en suis tombée amoureuse. Littéralement. J’ai eu énormément de mal à entrer dans cette histoire puisque je sortais d’une mini panne de lecture. Quand je dis « mini panne de lecture », ça veut dire que j’ai une pile à lire énorme mais que je ne sais pas quoi lire… du coup, pendant plusieurs jours, je tourne en rond en me demandant ce que je vais lire ensuite. Lire ce livre m’a donc été bénéfique puisque je suis passée d’un livre young adult à un livre plus adulte. Changer de genre m’a fait énormément de bien. Je me suis rendue compte que, pour le moment, je tourne en rond dans le young adult. J’ai compris que j’avais besoin d’autre chose. Déjà, j’ai aimé cette lecture pour cette prise de conscience.

Ensuite, j’ai aimé ce livre pour le thème de l’esclavage qui est abordé. On a souvent eu des livres et des films sur l’esclavage. On a souvent eu le point de vue des Afrikaners, des maîtres blancs. Depuis quelques années, on voit fleurir les avis des anciens esclaves ou domestiques et je trouvais ça plutôt chouette mais incomplet. Ce qui est bien avec No Home, c’est le fait de suivre deux familles à travers les siècles. On voit l’évolution des actions mais aussi des mentalités. On comprend comment se déroulait les chasses et les ventes d’esclaves. On comprend les réactions et les conséquences de cet esclavage, de ce commerce humain. On comprend pourquoi ensuite, en Amérique, les noirs n’étaient pas considérés comme des humains à part entière.

Je trouve ça beau de parler de ce sujet. Comme vous l’aurez compris au fil de mes chroniques, je viens moi-même d’une île où l’esclavage était présent. Je connais l’histoire de mon île, je sais que j’ai des descendants qui étaient esclaves. J’ai été touchée par cette partie de l’histoire. Vraiment touchée.

Je suis tellement touchée que j’ai un peu du mal à écrire cette chronique. Alors, pour ne pas trop en dire ou trop peu en dire, je conclurai ce billet par : foncez le lire. Allez y, les yeux fermés. C’est cru, cruel, beau, magnifique, dur et tellement touchant !

Temps de lecture :

5 jours

Support utilisé : 

Livre envoyé par les éditions Calmann Lévy

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12 commentaires sur “No Home

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  1. Merci pour cet article qui me donne assez envie. J’aime les fresques familiales multi-générationnelles, cela peut donner un côté épique en même temps qu’une approche très intimiste. C’est bien écrit ? Quel style ? Imagé, classique, simple, touffu ? Tu as quel ressenti sur la langue ?
    J’ai assez envie de le lire (depuis Americanah qui m’a mis une superbe claque, qui a des millions de qualités, mais notamment celle de m’avoir donné envie de me mettre à la littérature étrangère (hors anglophones & européens) que je connais suuuper mal).

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    1. J’avoue que je n’ai pas poussé cette chronique parce que les mots me manquaient.. je vais essayer de répondre à tes questions.

      Le style est dense et à la fois épuré, ça dépend des parties et des personnages. mais dans l’ensemble tu as des détails pertinents à la fois sur la condition de travail/esclavage et à la fois sur l’environnement commerce/physique.

      Je l’ai lu en français et à part deux coquilles, je n’ai pas été déçue de la traduction.

      J’ai essayé de ne lire aucune chronique sur ce livre avant de le commencer, j’ai eu un peu de mal à comprendre que les différentes parties correspondaient aux différentes générations. Du coup, quand je suis passée d’une génération à une autre, j’ai eu du mal à me remettre qui était qui. Puis après, j’ai pris l’habitude et l’arbre généalogique a commencé à se former dans ma tête et j’ai adoré tisser des liens entre les personnages !

      J’ai trouvé que les parties sur les différentes n’étaient en rien inégales. Elles sont toutes bien fournies, bien détaillées, surprenantes, révoltantes et belles à la fois.

      On voyage sans arrêt entre l’Afrique et les États-Unis et c’est plutôt cool.

      Il y a pas mal d’images, de métaphores notamment avec les traditions, religions, histoires africaines mais elles sont toutes très bien expliquées. On est carrément plongé dedans

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